Jeudi 24 mai 2007


David a soixante ans et vit dans une ferme isolée, sur les hauteurs. Pour la première fois en vingt-six ans, il a décidé de ne pas déneiger la commune. Le soulagement est vite effacé par la culpabilité en ce 23 décembre glacial quand son vieil ami Pierre, inquiet de sentir venir la tempête, l'appelle à l'aide et qu'Antoine, son " fils de rechange ", lui annonce qu'il est en rade à trente kilomètres de là. David n'y tient plus, son tracteur est en panne, il part à pied. Commence alors pour lui une nuit hallucinée. Pour résister au froid qui l'anesthésie et à l'ivresse de la neige omniprésente, il se grise de ses souvenirs.


J'avoue m'être affreusement ennuyée à la lecture de ce livre pourtant court. Or, j'aime le parti pris de cet écrivain, s'attachant à l'humain, au coeur des hommes. Mais là, il ne se passe rien, la narration est bizarre. Il faut du temps pour entrer dans la tête de David. C'est lourd, long, décourageant, désespérant... Et cette ambiance de neige qui assourdit tout, les pas lourds de David, tout cela m'a énormément pesé. L'histoire semble s'embourber autant que le lecteur. Je me suis longtemps demandée s'il y avait une issue, un message, ... Le livre fini, je reste perplexe même si de beaux moments s'égrènent tout au long de cette histoire.


Sabine Wespieser / 146 pages


L'avis de Chiffonnette

Celui de Cuné

Et celui de Cathulu

Samedi 12 mai 2007


Emmanuelle Urien écrit des textes très noirs mais elle m'avait assuré, lors de notre rencontre au salon du livre de Balma (dont "Toute humanité mise à part" a obtenu le prix 2007), que ce recueil de treize nouvelles était moins désespérant que ses autres livres. Et puis, il y avait « humanité » dans le titre et je me sentais attirée.


Je ne regrette absolument pas mon achat ! Certes, on ne rigole pas vraiment et il vaut mieux déguster ces textes au rythme de un par jour si on ne veut pas finir déprimé. Par contre, le style d'Emmanuelle Urien est un pur bonheur de lecture. C'est fluide, bien écrit, simple mais fort. Quelques mots suffisent à planter un décor et les silences font le reste...


J'ai particulièrement aimé « Sentinelles éternelles », un texte sur un homme qui va former des cambodgiens au déminage. Ce texte m'a bouleversée ! Un beau coup de coeur aussi pour « Tentative d'évasion ». Beaucoup aimé aussi « Ici finit le monde », « Délivre-nous du mal » et « La confusion des peines ». Quant aux textes non cités n'allaient pas croire que je ne les ai pas aimés ... Cela dit, certains d'entre eux m'ont vraiment trop bousculée. Leur part d'humanité était trop ténue pour que je puisse me raccrocher à quelque chose et il m'a parfois fallu enchaîner sur une autre lecture, ne serait-ce que quelques lignes, pour changer d'univers et oublier l'indicible.


Un recueil que je vous conseille chaudement à moins que vous n'alliez déjà pas bien.


Quadrature / 110 pages


Le site d'Emmanuelle Urien

 

U : challenge ABC 2007

Mardi 1 mai 2007


Charles Bertin a rêvé de sa grand-mère, morte depuis un demi-siècle. Au matin, ce rêve lui est apparu comme le signe qu'il fallait sans délai rendre visite à la petite dame en son jardin de Bruges. Charles Bertin dit l'effroi de revoir si bien ceux qu'on aime sans jamais pouvoir franchir le glacis qu'impose la mort.



Ce livre donne des frissons, submerge d’émotions, laisse rêveur,… Pour tout être ayant eu une enfance heureuse, cette histoire résonne de mille souvenirs auprès d’une grand-mère chérie. Chacun retrouvera un peu de sa grand-mère dans cette vieille dame attachante qui enchanta les étés de l’auteur.

Charles Bertin a les mots justes pour évoquer les tranches d’enfance passées auprès de sa grand-mère. Les odeurs, les sons et les images sont autant d’appel à la douceur de vivre.

Ce petit livre remue les entrailles ; on sent parfois une boule se former dans la gorge, la chair de poule surgit par vagues… car le passé ne revivra plus que dans notre mémoire et tout cela est bien fini…

Un petit bijou pour lecteur nostalgique !



Extrait :

« Je crois que je n’ai plus jamais été aussi heureux »




Babel / 134 pages

Vendredi 13 avril 2007

A l'âge de onze ans, ma vie a connu un véritable tournant. Je me suis mis à écrire. Ma mère ne voyait pas d'un très bon oeil cette nouvelle passion. "De la blague, disait-elle. Trouve-toi d'abord une bonne situation, tu feras écrivain ensuite."



Depuis ce matin, mon moral est au plus bas. Heureusement, j'avais un anti-dépresseur sans effets secondaires sous la main : Ecrivain (en 10 leçons). Et c'est peu de dire que j'ai ri comme une malade ! Avec une belle auto-dérision, Philippe Ségur brosse le parcours d'un écrivain de la vocation au succès en passant par les salons du livre (clin d'oeil à Gaëlle si elle passe par là ;-). C'est absolument hilarant.
Au-delà de cet aspect, il est intéressant de se glisser dans la peau d'un écrivain le temps d'un livre, de voir avec ses yeux l'univers de l'édition ainsi que le travail que représente l'écriture d'un livre, les rencontres avec les lecteurs, la promotion, etc.

Le premier livre de Phil Dechine (notre héros) s'appelle « Métaphysique du dog ». Ca vous rappelle quelque chose ?

Et, comme notre Phil Dechine nous dit que « Ce que veulent les lecteurs, bon sang de bonsoir, c'est pourtant simple ! ... Ils veulent juste savoir si le gars qui écrit l'article a aimé ou pas le bouquin, c'est vraiment pas sorcier...! », je vous le dis : en un mot comme en cent, j'ai adoré ce roman et vous le recommande vivement !


Buchet-Chastel / 188 pages
 
 
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