Lundi 24 octobre 2005

Depuis qu’elle a retrouvé la montre de son père, la narratrice suit une impulsion et visite des maisons à vendre. Elle en est à la dernière quand ses souvenirs se font plus précis, au point que la motivation de sa démarche finit par lui apparaître.

 

Ce livre m’a fait penser à Nous nous connaissons déjà d'Anne-Marie Garat, par son style et son approche un peu fouillis des souvenirs qui remontent peu à peu jusqu’à dessiner une carte de l’intime à peu près fiable. Cependant, j’ai nettement préféré le roman de Michèle Lesbre. J’ai plus aimé le style que l’histoire ; cette dernière m’a paru émaillée de longueurs interminables. La présentation en patchwork des souvenirs et images diverses me déstabilise toujours. Je comprends le procédé qui se rapproche du travail de la mémoire mais cela est inconfortable à lire. En revanche, la plume de Lesbre m’a absolument séduite : de la justesse, de la délicatesse, de la souplesse qui font que les phrases sonnent bien. On en oublierait l’intrigue ! Cela ne m’a pas empêché d’apprécier les souvenirs en rapport avec son père, leur relation si tendre et pourtant pleine de non-dits. Tandis que les descriptions des relations entre ses parents m’ont glacée, le portrait de son père, de l’amour qu’elle lui vouait m’ont touchée en plein cœur. Ce livre annonce de belles promesses : je relirai Michèle Lesbre !

 

Sabine Wespieser / 190 pages

 

Un extrait : " Petite lumière discrète dans les entrailles obscures d’un théâtre déserté et silencieux, la servante veille. C’est ainsi qu’on la nomme. Elle veille sur le sommeil des coulisses, sur celui de la scène où les voix se sont tues jusqu’au prochain lever de rideau, sur l’immobilité des décors, la vacuité de la salle où le public a laissé derrière lui une traîne qui flotte au-dessus des fauteuils, une note suspendue, à peine audible, qui peu à peu s’évanouit. "

 
 
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