
Sous la canicule qui frappe l'Angleterre en ce mois d'août 1935, la jeune Briony a trouvé sa vocation : elle sera romancière. Du haut de ses treize ans, elle voit dans le roman un moyen de déchiffrer le monde. Mais lorsqu'elle surprend sa grande sœur Cecilia avec Robbie, fils de domestique, sa réaction naïve aux désirs des adultes va provoquer une tragédie. Trois vies basculent et divergent, pour se recroiser cinq ans plus tard, dans le chaos de la guerre, entre la déroute de Dunkerque et les prémices du Blitz. Mais est-il encore temps d'expier un crime d'enfance ?
C’est un livre dont le style m’a agréablement surprise, notamment la première partie. Cette partie, justement, est là plus longue bien qu’elle ne couvre qu’une seule journée. Cependant, c’est de cette journée dont tout le reste de l’histoire dépendra, une journée qui aurait pu être plaisante et qui, pourtant, tournera au drame. J’ai particulièrement aimé cette approche visant à présenter des scènes identiques sous le regard de différents personnages. En général, ce genre de procédé m’ennuie, de même qu’une intrigue qui n’avance pas. Or j’ai absolument adoré le procédé de McEwan ! Je ne me suis pas ennuyée une seule minute, j’ai apprécié toutes ces nuances, ainsi que les descriptions de lieux, d’atmosphères et des différents moments du jour. On sent une maîtrise parfaite de la trame par l’auteur, sans pour autant que les choses paraissent artificielles. La seconde partie m’a nettement moins plu. On suit Robbie, désormais soldat, en train de regagner son pays, dans une France au bord de la capitulation. Non seulement les histoires de guerre ne me passionnent pas, mais en plus il ne se passe rien de concret. On a le sentiment de lire un autre livre, quasiment sans rapport avec le précédent. Je l’ai trouvé particulièrement longue ; utile, mais longue… La troisième partie nous ramène en Angleterre, auprès de Briony, désormais élève infirmière. Les descriptions de son travail sont intéressantes. On sent sa culpabilité titiller sa conscience. Elle ne sait trop comment se racheter, auprès de se sœur qui la méprise. Enfin, l’épilogue est tout simplement foudroyant. Je m’étais tellement attachée aux personnages que j’ai pleuré comme une madeleine ! L’effet est glacial et franchement réussi. Un superbe roman que je ne suis pas prête d’oublier. J’ai d’ores et déjà emprunté du même auteur Amsterdam. Ce roman magistral m’a vraiment impressionnée !
Folio / 488 pages
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