
C'est un livre qui se démarque dès le départ par sa musique, celle des souvenirs, sous la plume magnifique de Neil Bissoondath (qui a rejoint avec ce livre, mon panthéon personnel). Alistair Makenzie vit chez sa fille, son gendre et leur fils depuis que sa maison a été victime d'un incendie. Dans un contexte où tout le dépasse et en particulier le rythme de vie actuel, le mariage de sa fille avec un francophone et son petit-fils, le narrateur se souvient de sa vie. Et Bissoondath d'inviter le lecteur à feuilleter l'album des souvenirs mais aussi celui d'une époque. Le ton intimiste m'a séduit dès les premières phrases et cette impression de baigner dans une atmosphère douce et agréable ne m'a pas quittée un seul instant. Car Alistair Makenzie est un personnage à la fois banal (et auquel on peut donc facilement s'identifier) et particulièrement attachant en dépit de ses défauts, ou plutôt grâce à eux. En effet, le regard qu'il porte sur sa vie est lucide mais surtout plein d'humilité. Or, rien ne m'agace plus que les gens " d'expérience " qui ne peuvent s'empêcher de donner des leçons aux plus jeunes sous des prétextes divers et variés. Ici, rien de tout cela, bien au contraire : Makenzie reconnaît ses erreurs, n'hésite pas à raconter des tranches de vie où il n'a pas eu le beau rôle, bref : il ne s'auto-congratule pas et évite de distribuer des conseils comme un vieux sage content de lui. Il n'en reste pas moins pétri d'idées fixes (son regard sur les québécois/francophones, en particulier, est abominable) tout en étant également capable de beaucoup d'auto-dérision. En résumé, j'ai absolument adoré du début à la fin et ai relevé un nombre " certain " de phrases, paragraphes et autres remarques, au point de finir par acheter le livre pour pouvoir le souligner tout mon soûl ! :p
Folio / 386 pages
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