Samedi 14 janvier 2006

 

 

J’ai été attirée par ce titre parmi d’autres de l’auteur parce que dans Le Petit Prince cannibale, Lefèvre évoque d’un côté l’autisme de son dernier enfant et d’un autre côté une certaine Blanche, cantatrice atteinte d’une grave maladie de peau. Mais on a aussi une révélation sur l’identité du vieux monsieur qui l’observait à la fenêtre…

 

 

 

Ce livre nous donne donc des clefs sur cette Blanche. Mais il est bien plus que cela. Françoise Lefèvre évoque à nouveau son travail d’écrivain (et c’est absolument passionnant) et sa vie, notamment les difficultés qu’elle a rencontrées à ce jour. C’est un livre assez noir, vraiment bien écrit et très intéressant. Les phrases sonnent justes, sincères. Lefèvre ne craint pas d’être cinglante avec les sujets qui la révoltent et va jusqu’à dire que son moteur c’est la haine mais ne jugez pas trop vite cette phrase ; il faut lire le livre pour comprendre ces propos.

 

On a le sentiment d’entrer dans l’intimité de cet écrivain, comme si on lisait un journal intime, sans que cela soit pour autant voyeuriste. Françoise Lefèvre nous fait partager des pensées, des émotions, un univers et … j’adore ! Elle nous livre notamment la lettre reçue d’une vieille dame et dont la lecture m’a donné des frissons. La lettre se termine ainsi : " …car vous le savez bien, Blanche, c’est vous. Blanche c’était moi. "

 

Actes Sud / 110 pages

Note : la couverture est une photo de l'auteur

 

 

Extraits :

" On reconnaît qu’un sujet vous tient quand on a l’angoisse de mourir avant d’avoir achevé de l’écrire. "

 

" Dans le train, je songe je ne sais pourquoi, à mon plombier. Quand quelque chose présente une avarie fatale, il dit : ‘Adieu Berthe ! Bonsoir Clara !’ " (j’ai mis cette phrase parce qu’elle me fait rire mais elle n’est pas du tout dans la tonalité du livre)

 
 
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