
Théodore Larue est décapité lors d’un accident de la route. Trois jours plus tard, lors de son enterrement, alors qu’on lui a recousu la tête sur le corps (question de présentation), il se redresse et sort du cercueil. Entre la panique et la célébrité, sa seconde vie ne va pas lui laisser une seconde de répit. Mais est-il vraiment vivant ?
Le moins que l’on puisse dire de Percival Everett, c’est qu’il est spécialisé dans l’originalité. Cette histoire a deux versants. Le personnel, qui nous montre comment Ted prend conscience de ce qu’il était et comment s’exprime sa volonté d’être meilleur avec ses semblables, en particulier sa famille. Le médiatique, qui fait de Ted un monstre de foire : démon pour les uns, messie pour les autres, animal de laboratoire pour le gouvernement, Frankenstein pour tout le monde. Comme le signale la quatrième de couverture, ce livre est, après Effacement, " une nouvelle satire, aussi grinçante que jouissive, d’une société américaine déboussolée ". Malheureusement, je ne suis pas d’accord sur l’aspect jouissif. Autant ce qualificatif était parfait pour Effacement, autant il me semble inapproprié pour Désert américain. Je suis restée très en dehors de l’histoire que j’ai trouvé trop rocambolesque et, d’une façon générale, too much. En fait, le premier tiers du livre est très bien, pas exceptionnel, mais intéressant. Le second tiers commence à dérailler et le dernier tiers alterne entre délire complet et lucidité. L’aspect critique est bien vu et relativement original mais il manque quelque chose pour faire monter l’adrénaline. Peut-être qu’après mon coup de foudre pour Effacement, j’en attendais trop. Toutefois, quelques phrases jouant sur le fait que Ted est à la fois mort et vivant m’ont bien plu. Le plus intéressant dans le l’histoire, c’est l’évolution des personnages, aussi bien le héros que sa femme. J’ai notamment apprécié la remarque que se fait Ted : " Il était maintenant doué de la qualité qu’il avait toujours appelée de ses vœux : pas la confiance en lui, ni la compétence mais la détermination. " En bref, un livre pas inintéressant mais pas inoubliable non plus.
Actes Sud / 300 pages
