
Roman d'éducation satirique dont le héros est né à Londres de père pakistanais et de mère anglaise. Ce père, d'origine aristocratique, se transforme en "grand initié d'opérette" et organise des "séances de méditation". Son fils, éternel adolescent, multiplie les exploits sexuels et mène une modeste carrière de comédien ethnique.
Dans ce roman, l’auteur dépeint l’Angleterre de la fin des années 70 – début 80 entre la fin des hippies et l’émergence des punks, via le regard d’un jeune " Paki " qui se cherche. Au début, l’histoire paraît très kitsch mais au cours du récit elle prend toute sa profondeur. Karim, le héros, donne souvent le sentiment d’être désinvolte et pensera pendant longtemps que traîner sans but est suffisant pour remplir sa vie. Puis, au fil des expériences, il deviendra plus lucide sur le monde qui l’entoure et sur lui-même. C’est un héros attachant et émouvant au fond. Le ton est déjanté, drôle, mais aussi pathétique parfois, lucide ; les scènes se suivent et ne se ressemblent pas, donnant l’impression de lire plusieurs livres à la fois : de la tendresse et de la rudesse se côtoient, des scènes quotidiennes et d’autres aux limites de la vraisemblance,… le tout donne parfois le tournis, voire fatigue. Cela dit, comment éviter les longueurs sur 400 pages ?
Pour résumer, je citerai Salman Rushdie qui décrit ce roman comme étant : " sauvagement irrévérencieux et insolent, mais fondamentalement émouvant et plein de vérité. Et vraiment très drôle. " Voilà, je n’aurais pas mieux dit !
10-18 / 413 pages
