Mercredi 8 février 2006

L'auteur raconte, en bandes dessinées, sa vie et celle de ses parents, de 1929 à 1971, de la rencontre d'Ethel et d'Ernest jusqu'à leur mort. A travers la vie de la famille, on assiste à celle d'un modeste quartier anglais, à la modernisation, à la guerre, même au conflit des générations.



Cette BD est un vrai coup de cœur ! On s’attache dès le début à Ethel et Ernest, personnages éminemment sympathiques. Briggs sait nous les faire aimer à travers des scènes et des dialogues truculents ! Ce sont deux sacrées personnalités qui s’aiment et qui ne mâchent pas leurs mots ; les disputes sont absolument savoureuses et drôlissimes (ah ! la politique…). On les suit avec plaisir dans le temps : le jeune couple enthousiaste, les parents heureux, fiers puis inquiets des études suivies par leur fils (artiste, pensez donc !), le couple de retraités, la vieillesse et la mort (seigneur, que j’ai pleuré !). Cette histoire personnelle s’inscrit aussi dans le temps, ce XXième siècle mouvementé par les guerres mais aussi par les inventions : radio, télévision, téléphone, etc. Le langage est direct, cru parfois mais dans le sens où il s’agit de la langue parlée. L’aspect graphique m’a beaucoup plu ; il offre la part belle aux personnages, à leurs postures, leurs expressions tant au niveau des dessins que de l’agencement du texte (on repère une dispute de loin, quoi ! ;-) ou encore dans la façon d’écrire (gras, " tremblé " - pour transposer l’émotion d’Ethel, etc). Briggs alterne le recours aux bulles et des espaces blancs où les paroles de chacun s’intercalent : l’effet est très bien rendu.


Avec une histoire très personnelle (et Briggs rend véritablement hommage à ses parents dont les photos en médaillon ornent la première page, ce qui nous les rend encore plus proches), l’auteur raconte des vies de milliers d’Européens ordinaires durant le siècle passé. Incontestablement une réussite !


Grasset / 104 pages

 

A partir de 9 ans

par Barbabella publié dans : BD
recommander

Commentaires


Pourtant, je ne suis pas BD et par curiosité, j'ai survolé distraitement les pages et j'ai été happé par les dessins et l'histoire de ce couple qui ont connu la guerre et l’arrivée du modernisme.

Les dernières pages sont émouvantes. Voir cette personne seule à la table devant une assiette vide, avec pour unique partenaire son chat. Quand l’un disparaît l’autre le suit de près. Ils sont morts la même année. A lire sans hésiter.
commentaire n° : 1 posté par : Florence le: 09/02/2006 17:55:53

Mais moi non plus je ne suis pas BD ! Il faut croire que c'est une BD spéciale réfractaires ; les pages défilent, les décennies passent et on ne se rend compte de rien ;-) Ah , la fin m'a aussi brisé le coeur et j'avais repéré la proximité des dates de décés sur l'arbre : terrible, et à la fois symbole d'un tel amour !

réponse de : Barbabella (site web) le: 09/02/2006 18:31:07
tres bon blog !! continue !! viens voir mon blog http://didou24.over-blog
commentaire n° : 2 posté par : audrey (site web) le: 10/02/2006 16:03:38
Dans le même style, as-tu lu la BD "Maus, un survivant raconte" de Art Spiegelman?
L'auteur dessine sa vie et sa recherche d'informations sur ses parents, et de là la vie de son père ,Juif ,qui a vécu les camps de concentration. Une fois commencée tu ne peux plus en sortir avant d'avoir tout lu.. Particularité de l'auteur: Chaque "race" est représentée par un animal. Je le recommande à tous.
commentaire n° : 3 posté par : kroustik le: 24/02/2006 19:45:05
C'est à mon programme ! ;-)
réponse de : Barbabella (site web) le: 25/02/2006 19:19:32

c'est à mon programme aussi maintenant !


super ce blog !

commentaire n° : 4 posté par : LorÚne le: 05/04/2006 19:29:49
Merci Lorène ! Au plaisir de lire ton commentaire de lecture :-)
réponse de : Barbabella (site web) le: 06/04/2006 20:20:30

Adresse de trackback pour cet article :

http://ann.over-blog.com/trackback.php?ref=39608&ref_article=1824065
ajouter un commentaire  
 
créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus