
Nouk est anorexique. C'est ainsi qu'on nomme sa maladie. Mais la souffrance, comment la nommer ? Un récit autobiographique qui traite autant du passage de l'adolescence à l'âge dit adulte que d'anorexie.
C’est un récit difficile et bouleversant. Certes nous avons tous vu un jour un documentaire sur l’anorexie, mais ici il s’agit de savoir ce qui se passe dans la tête de l’adolescente. L’auteur dénonce la coupure entre les adultes et l’adolescente : on lui dit qu’elle doit être responsable sans pour autant chercher les raisons de sa maladie, sans tenter un dialogue. On la juge et on la traite en enfant qui fait un caprice. On l’envoie dans une clinique chargée de la ré-éduquer et comme elle mange, on la croit guérit. Finalement, elle retrouvera le contact avec la réalité d’une façon détournée, grâce au dialogue, à l’humanité. Très souvent dérangeante, cette histoire m’a habitée au point que j’ai eu du mal à lire cette centaine de pages : chaque page pesait lourd dans mon cœur et dans ma tête. Un style dépouillé et fluide associé à un rythme lancinant nous font vivre les obsessions de Nouk avec un tel réalisme qu’il me fut difficile de ne pas m’identifier (même si aucune de mes connaissances n'associerait l'anorexie avec ma personne ;-) J’ai par ailleurs été troublée par le type de narration ; en effet l’auteur parle généralement à la troisième personne mais des passages où elle dit " je " s’intercalent, tout comme les moments où elle parle en tant qu’adulte ayant pris du recul et connaissant la fin de l’histoire. J’ai trouvé que cette façon de traiter le récit le rendait encore plus émouvant : j’ai eu le sentiment de me sentir plus proche de G. Brisac. Un auteur découvert il y a peu et qui a déjà rejoint mon Panthéon personnel…
Editions de l’Olivier / 120 pages
