Lundi 13 mars 2006

Entre Hajime et Shimamoto-san, âgés de douze ans et tous deux enfants uniques, naît une grande amitié. Toutefois un déménagement les sépare rapidement. Plus tard, à trente ans, Hajime épouse Yukiko, qu'il a rencontrée lors d'un voyage. Tout semble aller pour le mieux dans sa vie, lorsque Shimamoto-san refait surface.

 

J’ai des sentiments très divers au sujet de ce livre. On y trouve des scènes, des formules, fades, sans charme, limites mauvaises. On y trouve aussi une ambiance prenante, qui nous invite dans un univers. L’histoire est à la fois très sensuelle mais aussi parfois très asiatique, froide, bizarre. Murakami souffle le chaud et le froid et cela m’a souvent mise mal à l’aise. On se demande où il veut en venir avec ce héros pas particulièrement sympathique, égoïste et sans attrait. Pourtant, on se laisse prendre par la main, on fait confiance et on hésite sans cesse entre déception et fascination. On se laisse entraîner sur des chemins tortueux, dans un Japon parfois déroutant. On espère. On piaffe d’impatience. La majeure partie du roman m’a paru franchement pas terrible et, en pensant que Murakami était pressenti pour le Nobel, j’étais vraiment perplexe. Finalement, c’est un beau roman symbolique (et le titre en est une superbe illustration) où le narrateur interroge la réalité de certains faits, notamment le jour où il n’a plus la preuve d’un événement précis, mais aussi de l’existence elle-même. J’ai même trouvé que certaines phrases sur la fin avaient un accent austérien et, globalement, le dernier quart est très réussi. Enfin, j'ai beaucoup aimé toutes les références musicales. C’est un roman bizarre que je ne pense pas oublier de sitôt.

10-18 / 223 pages

 
 
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