Vendredi 17 mars 2006

Dans ce livre, Françoise Lefèvre se propose de recueillir ces minutes heureuses et d’oublier la mocheté du monde. Elle promet aussi de refouler toute " fureur érotique ", ce qu’on lui avait reproché dans certains de ses livres ; et, on sourit quand elle est proche du dérapage, puis se reprend : non, non, pas de débordement dans ce livre ! Ce petit livre donne des frissons. Souvent, au détour d’une phrase, l’auteur nous prend par surprise avec une image, une pensée, un petit rien qui touche au cœur. Elle vise juste, avec sa collection de petits bonheurs : une jacinthe en hiver, l’étendage des draps en pleine nature un jour de grand vent, natter les cheveux de sa fille, rester avec son enfant un peu malade, faire craquer les feuilles mortes sous ses pieds, etc.

J’ai eu un coup de cœur pour La tartine de saindoux : alors que l’on s’attend à un grand moment de misérabilisme, Françoise Lefèvre nous surprend en faisant ressortir la grâce d’un instant, c’est magique… La note d’ouverture et celle de fermeture m’ont beaucoup émue. La première est dédiée à André Hardellet, un poète édité comme elle (à l’époque) par Jean-Jacques Pauvert , dont la mort la bouleversa et qui fit d’elle la marchande de la boutique des minutes heureuses. La dernière note est, elle, dédiée à son petit-fils Altaïr qui subît une opération majeure à moins d’un an. L’ensemble dégage une chaleur personnelle. A lire et à relire pour se souvenir que les minutes heureuses existent dans la grisaille qui parfois recouvre la vie…


J'ai Lu / 154 pages

Dans Une jacinthe bleue l’hiver : Il y a toujours un moment où à force de la contempler on a envie d’aller vers elle pour la respirer et poser ses lèvres sur les pétales. Elle vous attire comme la joue d’un enfant le matin, à peine réveillé et qui juché sur un tabouret boit son lait.



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