
Les Blajan, c’est un clan comme on n'en fait plus ou presque : un patriarche et des familles entières vivant sous son toit, avec ses règles internes, son univers particulier un peu déroutant pour un étranger. C’est d’ailleurs ce sentiment qui m’a longtemps suivi dans ma lecture : être un peu dépassée par toutes ces histoires qui s’entrecroisent, devoir intégrer l’esprit Blajan, en plus de devoir me téléporter dans une époque que je n’ai pas connue (les années 50 et 60). Par ailleurs, je n’accrochais pas trop au style, je trouvais les univers trop tranchés entre Blajan et les gitans, seconde famille de Natalène (or, ce sont effectivement des univers complètement étrangers). Petit rappel historique : la mère de Natalène (Anne), fille de Contorose (le patriarche) s’est enfuie avec un bohémien et Natalène est le fruit de leurs amours. Or Anne est décédée alors que Natalène avait trois ans et depuis, la fillette doit se partager entre deux mondes qui se regardent en chiens de faïence. Natalène a de multiples cousins, dont Tristan, le fils de la sœur jumelle de sa mère (vous suivez ? ;-) Ce dernier est d’une certaine façon orphelin car son père est décédé et sa mère l’a abandonné à Blajan pour suivre un homme et il ne l’a plus revue depuis. Peu à peu, ces deux adolescents vont se découvrir et alors que Myrielle Marc évoque leurs ébats amoureux, elle va avoir une phrase qui m’a arrêtée.
A partir de là, mon intérêt pour l'histoire, mon affection pour les personnages, mon plaisir de lire n'a jamais failli. L’auteur a une plume pleine de justesse, intuitive, délicate et riche. Cette histoire vous emporte (au point parfois d’être prête à utiliser le vocabulaire pas toujours très délicat de la branche manouche de la famille… ;-), le cœur bat au rythme des rebondissements et, bien que le temps me manque pour lire en ce moment, j'ai dévoré ce bouquin, y passant des nuits, le traînant avec moi partout en dépit de son poids, bref, ne pouvant plus m'en détacher. Cela, au point d'enchaîner dès hier soir avec le tome 2 (qui compte tout autant de pages !). En plus, comme je triche copieusement, en regardant les arbres généalogiques futurs, mon intérêt est sans cesse titillé ! :-p Et puis, avec ce second tome, on a rapidement quelques informations sur la raison du titre Orfenor... Un dernier point qui me semble important étant donné l'histoire : l'auteur ne tombe jamais dans la caricature alors que les pièges ne manquent pas ! Un roman incroyable à découvrir, sans aucun doute…
XO éditions ou France Loisirs / entre 500 et 600 pages selon l’édition
! ! Sort en poche en juillet ! ! [ et hop ! dans les bagages ...]
