Dimanche 9 avril 2006

Après un long séjour à l'hôpital, l'écrivain Sidney Orr reprend goût à la vie. Mais il est accablé par l'ampleur de ses dettes et par l'angoisse de ne pas retrouver l'inspiration. Un matin, il découvre une nouvelle papeterie au charme irrésistible. Il entre, attiré par un étrange carnet bleu. Le soir même, dans un état second, Sidney commence à écrire dans ce carnet une captivante histoire qui dépasse vite ses espérances. Sans qu'il devine où elle va le conduire, ni que le réel lui réserve les plus dangereuses surprises...



Honnêtement, je ne sais pas par où commencer mon compte-rendu. Il y a tout d’abord le problème du souvenir que je gardais de ma première lecture. Il n’était pas terrible et j’étais perplexe par rapport à l’excellent accueil qu’avait reçu le livre en France. Je me souvenais d’un bouquin sinueux, avec beaucoup de digressions rendant l’ensemble un peu confus, mais aussi d’un livre positif, loin de la noirceur habituelle de l’auteur. Ma relecture m’a longtemps confortée dans ces idées, jusqu’à ce que je relise ma première note. Quelle stupeur ! Non seulement, je signale que j’ai beaucoup aimé mais en plus que l’histoire m’avait parue assez noire. En réalité, les deux premiers tiers du livre m’ont semblé très longs, bien que l’auteur fasse preuve de brio et de ressources étonnantes en termes de création littéraire. Au fond, ce qui m’a pesé, c’est l’aspect confus que donne toutes ces histoires entremêlées : on n’arrive pas à saisir les intentions de l’écrivain, ni les liens entre toutes ces histoires. Le dernier tiers du livre est, enfin, éclairant et, quel éclairage ! On se rend compte alors à quel point Auster est définitivement un auteur doué qui ne cesse d’étonner ces lecteurs après les avoir perdus dans les méandres d’histoires diverses. Le final est très éprouvant mais aussi formidablement réussi. Sa thèse sur le pouvoir des mots est fascinante et m’a fait penser à La dame n° 13 de José Carlos Somoza qui traite du même thème mais de façon totalement différente. On en ressort un peu effrayé, se promettant de réfléchir avant de parler…



Babel / 236 pages



N.B. :
et ce livre a quand même réussi à me sortir de ma panne de lecture alors que je le reprenais en cours après un abandon de plusieurs mois !

 
 
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