
Comment et pourquoi Benjamin Sachs, jeune écrivain talentueux des années Reagan, est-il devenu le poseur de bombes qui plastique l'une après l'autre les multiples statues de la Liberté ornant les villes américaines ? C'est à cette question que cherche à répondre son ami Peter Aaron dans ce récit traité à la manière d'une biographie, réponse anticipée aux enquêteurs du FBI, à la légende médiatique qui s'est déjà emparée de Sachs.
J’ai fini ce livre depuis une semaine et je n’arrive toujours pas à savoir qu’en dire. Déjà, lors de ma première lecture, j’avais progressé lentement (en fait, je l’avais lu sur plusieurs années… cette relecture m’aura pris dans les 4 mois). Disons que le dernier tiers est passionnant, tandis que le reste est interminable. On a le sentiment qu’Auster se perd dans mille et un détails avant d’entrer dans le vif du sujet et cela peut engendrer une certaine lassitude. Ce roman qui dénonce une Amérique qui perd les pédales (et l'action se déroule dans les années 70-80) est, d’une certaine façon prophétique. Auster, toujours centré sur les symboles en choisit un de taille ici : la statue de la liberté. Il reprend une anecdote personnelle sur la visite de la statue et, à partir de ce point de départ, il déroule son fil. Il prend pour héros un homme ordinaire qui, par un enchaînement de circonstances, finit par devenir un éveilleur des consciences mettant en garde un pays qui a perdu de vue ses valeurs.
Comme dans la plupart de ses livres (voire dans tous), il construit une intrigue où le destin du héros est presque entièrement soumis au hasard, au point que l’on peut parfois être perplexe sur les directions que prend la vie de Sachs. Au-delà de cette trajectoire peu commune, on croisera des personnages, essentiellement féminins, tous très travaillés, qui nourriraient à eux seuls un roman (je pense notamment à Lilian Stern, l’intrigue devenant réellement intéressante à mes yeux à partir du moment où Sachs la rencontre). En bref, un livre majeur dans l’œuvre d’Auster en dépit de son aspect trop dispersé.
Livre de poche / 317 pages
