
L’auteur nous raconte à travers une série de courts textes sa façon de vivre le vieillissement de sa mère. Ces textes s’en tiennent souvent au quotidien, à toutes les petites choses auxquelles on ne pense pas tant que l’on n’est pas confronté à cette situation. Avec beaucoup de franchise, elle dissèque ces moments qui ressemblent souvent à des luttes, même quand il s’agit d’aller acheter une robe. Mais, au-delà du thème du vieillissement des parents, c’est surtout le sujet des relations mère-fille qui m’a parlé. Parce que je me suis souvent reconnu dans ces rapports où s’emmêlent inextricablement l’amour et les tensions extrêmes, j’ai eu le sentiment de communier avec l’auteur dans sa volonté de mieux comprendre sa mère. Par ailleurs, elle nous fait bien partager les moments de découragement et ceux où l’énergie revient mais aussi ses accès de solitude, d’incompréhension, d’angoisse quand elle considère sa mère comme un miroir de ce qu’elle deviendra. C’est une plongée parfois effrayante dans le monde du quatrième âge mais également bénéfique car elle nous oblige à considérer les personnes très âgées et la mort, deux sujets totalement occultés dans notre société qui ne veut voir que la jeunesse, le pseudo-effacement des rides et l’allongement de l’espérance de vie.
J’ai lu / 186 pages
Extrait : Je suis une fille rebelle et je suis une fille soumise. J’ai confiance en moi parce qu’une mère veille sur moi, je n’ai aucune confiance en moi parce que je suis veillée par une mère. Je suis solide parce qu’elle tient à moi, je suis friable parce que je tiens à elle.
