Jeudi 3 août 2006


Le grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s'amoncellent, éblouissants, délicats. Tout ce qu'une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d'enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace.


C'était une relecture, le seul Zola dont j'ai pu dépasser les cinq premières pages. Je n'ai pas été déçue par cette nouvelle confrontation, même si avec l'expérience, je ne l'ai pas lu comme la première fois. Zola décrit avec beaucoup de modernité les techniques des magasins et des publicitaires pour nous plonger dans une frénésie de consommation : on se sent honteux de se laisser manipuler si facilement. Néanmoins, sa façon de considérer les femmes comme des êtres frivoles et décervelés tandis que les hommes font des affaires sérieuses a profondément choqué la femme du XXIème siècle que je suis ;-) De même que son héroïne est une jeune femme effacée, humble, etc, comme si c'était un modèle de femme idéale, qui d'ailleurs arrive à ses fins, l'air de rien ! Peut-être suis-je trop sévère et vois-je le mal partout. Il est vrai que je lis rarement des classiques et, par conséquent, je suis toujours choquée par le décalage de mentalité avec aujourd'hui. J'ai toujours un peu de mal à faire preuve d'indulgence...

Pour le reste, cela est véritablement un roman visionnaire, qui va au fond des choses dans sa description de la machine commerciale. C'est extrêmement prenant, à la fois froid et passionné, et les pages s'envolent entre les doigts fébriles du lecteur qui veut savoir comment tout cela finit (même quand on le sait déjà, c'est dire !). J'avais déjà envie de le re-relire la dernière page tournée !


Diverses éditions / environ 550 pages

par Barbabella publié dans : Littérature classique
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Commentaires

Merci pour ce rappel. J'envisage de le relire aussi un jour prochain...

commentaire n° : 1 posté par : Marie-Laure le: 03/08/2006 10:07:51
C'est le premier livre que j'ai lu de Zola quand j'étais ado, et ç'a été le début d'une grande passion...j'ai dévoré tous les autres par la suite !
commentaire n° : 2 posté par : clarinette (site web) le: 03/08/2006 10:50:00

La lecture des Rougon-Macquart m'a beaucoup marquée qund j'avais 16 ans. Je les ai tous lus, avec une préférence pour Germinal et l'Assommoir. J'avais moins aimé "Une page d'amour"  et "La faute de l'abbé Mouret" pas assez sociaux à mon goût sans doute. Mais ce ne sont que des impressions d'adolescente. J'ai toujours la série des Rougon, en vieux "poche" de 1960 et en "Pléïade" mais je ne les ai jamais relus. J'avais lu aussi les poèmes, pièces de théâtre. Je pense que Zola avec ses romans et "J'accuse" a déterminé ma vie politique et syndicale.


 

commentaire n° : 3 posté par : monique (site web) le: 03/08/2006 11:33:36
Clochette / Monique : malheureusement, ce livre fut un "one shot" entre Zola et moi. J'avoue que ses autres romans que j'ai testés n'étaient qu'un étalage de malheur. Quand un bouquin me propose sur ses cinq premières pages, la mort d'un enfant, la mise à pied du père, l'alcoolisme de la mère et le viol de la fille, c'est trop pour moi ! (bon, j'en rajoute un peu mais ce n'est pas très loin quand même ... ;-) Même cette relecture ne me donne pas envie de retenter le reste de son oeuvre (il faut dire, aussi, que je ne raffole pas des classiques).
réponse de : Barbabella (site web) le: 03/08/2006 12:03:46
Je l'ai lu il y a longtemps et je n'avais pas trop aimé le personnage principal de la jeune fille. Puis on sent venir le fin longtemps à l'avance... Bémol: la vie bourdonnante du grand magasin donne une jolie idée de la révoltion sociale provoquée par les grands complexes, et ce n'est pas inintéressant, même un peu fascinant..
commentaire n° : 4 posté par : Kroustik le: 03/08/2006 14:56:21
Moi aussi j'ai préféré l'aspect "description d'un nouveau phénomène" à l'intrigue elle-même, assez convenue. Mais, en dépit d'une Denise un peu "cucul", j'ai quand même admiré sa grande force de caractère !!
réponse de : Barbabella (site web) le: 03/08/2006 15:13:53
c'est vrai que les récits d'Emile Zola sont plutot tristes, Nana est celui qui m'a le plus plu, je l'ai découvert à l'adolescence et envisage de le relire.
commentaire n° : 5 posté par : pom' le: 04/08/2006 11:11:34
Ce n'est pas tant le fait que ce soit triste qui me pose problème mais plutôt l'accumulation de malheurs, le côté "no futur" que je trouve trop déprimant :(
réponse de : Barbabella (site web) le: 04/08/2006 13:34:04

De Zola je n'ai lu qu'un recueil de nouvelles qui m'a bien plu dans lequel figure "La mort d'Olivier Bécaille", "Nantas", "L'inondation" et "Les coquillages de Mr Chabre". Et maintenant je suis bien tentée de lire plus gros comme "Nana" et celui que tu cites, enfin si je passe bien le cap de "Nana". ;-)

commentaire n° : 6 posté par : Florence le: 14/08/2006 16:28:10

Un Zola que j'aime lire et relire. Cen esont pas évidemment les personnages de Zola qui me fascine, mais bine la description de cette fourmilière, et les méthodes mises en oeuvre.


Surprise que DDA grande lectrice des Rougon-Macquart ne soit pas passée par là.

commentaire n° : 7 posté par : Delphine le: 30/08/2006 16:19:58
Au Bonheur des Dames est un roman visionnaire, certes,  on y voit la façon dont va s'épanouir la vente et les techniques marketing à venir... Mais c'est également un roman sur les désillusions, le cynisme...
Je vous recommande également la lecture de l'Oeuvre, excellent roman de Zola sur le monde artistique....
commentaire n° : 8 posté par : Anne-Sophie (site web) le: 30/08/2006 18:20:00

Et si Delphine, je suis passée moult fois... Dès qu'on parle de Zola - et pas seulement des Rougon-macquart, j'ai mes antennes qui frissonnent. ;-)

commentaire n° : 9 posté par : dda le: 31/08/2006 22:01:00
Ne te laisse pas trop impressioner par le statut de l'heroine qui chez zola est toujours victime du mal et de la sclerose humaine. Zola decrit et denonce a travers la femme les rouages de son siecle, et s'il lui prete tous les maux, c'est aussi pour honorer la femme qui represente les germes d'un avenir. C'est peut être en cela qu'il a été visionnaire.
commentaire n° : 10 posté par : Seb (site web) le: 03/09/2006 16:51:13

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