
Le grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s'amoncellent, éblouissants, délicats. Tout ce qu'une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d'enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace.
C'était une relecture, le seul Zola dont j'ai pu dépasser les cinq premières pages. Je n'ai pas été déçue par cette nouvelle confrontation, même si avec l'expérience, je ne l'ai pas lu comme la première fois. Zola décrit avec beaucoup de modernité les techniques des magasins et des publicitaires pour nous plonger dans une frénésie de consommation : on se sent honteux de se laisser manipuler si facilement. Néanmoins, sa façon de considérer les femmes comme des êtres frivoles et décervelés tandis que les hommes font des affaires sérieuses a profondément choqué la femme du XXIème siècle que je suis ;-) De même que son héroïne est une jeune femme effacée, humble, etc, comme si c'était un modèle de femme idéale, qui d'ailleurs arrive à ses fins, l'air de rien ! Peut-être suis-je trop sévère et vois-je le mal partout. Il est vrai que je lis rarement des classiques et, par conséquent, je suis toujours choquée par le décalage de mentalité avec aujourd'hui. J'ai toujours un peu de mal à faire preuve d'indulgence...
Pour le reste, cela est véritablement un roman visionnaire, qui va au fond des choses dans sa description de la machine commerciale. C'est extrêmement prenant, à la fois froid et passionné, et les pages s'envolent entre les doigts fébriles du lecteur qui veut savoir comment tout cela finit (même quand on le sait déjà, c'est dire !). J'avais déjà envie de le re-relire la dernière page tournée !
Diverses éditions / environ 550 pages
Commentaires
La lecture des Rougon-Macquart m'a beaucoup marquée qund j'avais 16 ans. Je les ai tous lus, avec une préférence pour Germinal et l'Assommoir. J'avais moins aimé "Une page d'amour" et "La faute de l'abbé Mouret" pas assez sociaux à mon goût sans doute. Mais ce ne sont que des impressions d'adolescente. J'ai toujours la série des Rougon, en vieux "poche" de 1960 et en "Pléïade" mais je ne les ai jamais relus. J'avais lu aussi les poèmes, pièces de théâtre. Je pense que Zola avec ses romans et "J'accuse" a déterminé ma vie politique et syndicale.
De Zola je n'ai lu qu'un recueil de nouvelles qui m'a bien plu dans lequel figure "La mort d'Olivier Bécaille", "Nantas", "L'inondation" et "Les coquillages de Mr Chabre". Et maintenant je suis bien tentée de lire plus gros comme "Nana" et celui que tu cites, enfin si je passe bien le cap de "Nana". ;-)
Un Zola que j'aime lire et relire. Cen esont pas évidemment les personnages de Zola qui me fascine, mais bine la description de cette fourmilière, et les méthodes mises en oeuvre.
Surprise que DDA grande lectrice des Rougon-Macquart ne soit pas passée par là.
Je vous recommande également la lecture de l'Oeuvre, excellent roman de Zola sur le monde artistique....
Et si Delphine, je suis passée moult fois... Dès qu'on parle de Zola - et pas seulement des Rougon-macquart, j'ai mes antennes qui frissonnent. ;-)

Merci pour ce rappel. J'envisage de le relire aussi un jour prochain...