
Sur l'île de Melrose, Tom et Savannah ont grandi entre un grand-père illuminé qui se prenait pour le Christ, une grand-mère féministe, un père patron pécheur violent et imprévisible et une mère mythowomane dévorée d'ambition.
Bien des années plus tard la séduisante psychiatre Susan Lowenstein demande à Tom de l'aider à sauver Savannah de ses pulsions suicidaires. Bien que l'idée d'aller à New York lui donne de l'urticaire Tom acceptera de s'y rendre par amour de sa jumelle. Il dira les blessures d'une enfance dure et chaotique mais illuminée par la merveilleuse complicité qui unissait frère et soeur.
Flamboyant et noir, mais surtout, sublime et inoubliable
Lécriture prend aux tripes dès les premières lignes pour emmener le lecteur en Caroline du Sud, sur lîle marine Melrose. Dune poésie rare, le style de Conroy est éblouissant et tout à fait adapté à lhistoire et aux personnages hauts en couleur. Une histoire dune noirceur insondable, que seule la poésie permet de dépasser. Des personnages romanesques et meurtris dans leurs corps et leurs âmes ; lauteur leur donne vie au point quils semblent réels. Une famille qui se déchire se retrouve, pour le pire, unit autour dun secret effroyable. Sil veut sauver sa sur jumelle, candidate au suicide récidiviste, Tom devra briser le pacte de silence décidé par sa mère. Il devra aller au-delà des ses peurs enfouies au tréfonds de son être. Il devra remonter le fil de leur enfance commune en renonçant à la censure et au mensonge.
Un livre à la puissance évocatrice dune beauté incroyable, non dénué dhumour ; un roman qui ne sessouffle jamais. On en ressort bouleversé.
Pocket / 1069 pages
Adapté au cinéma par Barbra Streisand avec elle-même et Nick Nolte dans les rôles principaux (pas vu)
Quelques extraits :
[Prologue]
" Ma blessure a pour nom géographie. Elle est aussi mon ancrage, mon port dattache. Jétais né sur une île marine de Caroline, jy avais été élevé, et je portais, imprimé sur mes épaules et sur mon dos, lor sombre du soleil des basses terres. "
[Le narrateur évoque son père]
" Ses poings étaient les galions qui véhiculèrent son autorité. Mais ses yeux étaient bien les yeux de mon père, et quelquechose dans ces yeux-là maima toujours, alors même que ses mains en étaient incapables. Il releva la gageure daimer comme il convient sa femme et ses enfants, sans aucun talent naturel. Le don paisible de la paternité navait jamais grandi en lui. Nous prîmes ses chants damour pour des hymnes guerriers. Ses tentations réconciliatrices furent interprétées comme des cessez-le-feu éphémères et trompeurs dans une guerre dusure sans merci. Il manquait totalement de finesse et de tendresse ; il avait miné tous ses ports, toutes les voies daccès à son cur. "
oOo
" Je me demandais comment jen arriverais un jour à aimer une femme et, dans un mélange de plaisir et de terreur, je me disais que quelquepart dans ce monde riait et chantait une fillette qui plus tard deviendrait ma femme. Dans ma tête, je la voyais danser, jouer et papillonner, en préparation de ce jour terrible et merveilleux qui scellerait notre rencontre et cette déclaration, faite dans un élan de commune extase : " Je veux vivre avec toi et taimer toujours. " Combien de mon père déverserais-je dans la vie de cette fille chantante ? Combien de ma mère ? Combien de jours faudrait-il pour que moi, Tom Wingo, fils de la tempête, je fasse taire à jamais son rire et ses chansons ? Combien de temps me faudrait-il pour mettre un terme à la danse de cette fillette rieuse qui ne saurait rien des doutes et imperfections que japportais à la tâche daimer une femme ? Jaimais limage de cette fillette bien longtemps avant de lavoir jamais rencontrée, et jaurais voulu lui dire de se méfier du jour où jentrerais dans sa vie. Quelquepart dans la vaste Amérique, elle attendait de quitter son enfance, innocente de son destin. Elle ignorait quelle était lancée sur une trajectoire qui lamènerait à heurter de plein fouet un garçon tellement abîmé et éberlué quil passerait sa vie entière à tenter de comprendre à quoi était censé ressembler lamour, comment il se manifestait entre deux êtres, comment il pouvait être vécu sans rage, ni larmes, ni sang. Javais treize ans lorsque je décidai que cette fillette merveilleuse méritait mieux que moi et que je la mettrais en garde bien avant de mimmiscer dans son passage fulgurant et sa danse éblouissante. "
[ Un des nombreux exemples de la foi délirante du grand-père]
" Au terme dentretiens qui traînèrent en longueur, Jésus, et cela nétonna personne, autorisa mon grand-père à conserver son permis, mais sous réserve quil porterait toujours ses lunettes. Pour Amos, le Seigneur était tout agent de circulation, médiateur et optométriste ".
Commentaires
Une belle galerie de portraits. J'adore la grand-mère Tolitha, son ancien ex-mari le Saint homme.
L'auteur sait manier les mots, les situtions, sans dévoiler l'intrigue. De l'importance du passé et de l'enfance sur le présent et l'avenir.
J'y retourne. @+
Il semblerait que nous ayans un préféré en commun...
ti fleur'
Un livre, tout simplement prodigieux. A lire absolument.
Bonne lecture
Marc
Alice : si tu vois ce com', je me permets de te relancer sur cette lecture !!!! ;-D
J'avais lu trois avis sur différents blogs donc j'avais fortement envie de le découvrir: voilà qui est fait, je l'ai enfin terminé! Celà faisait très très longtemps que je n'avais eu autant de difficultés à arriver à la fin d'un livre, d'habitude soit je dévore, soit j'abandonne. Ici dès le début je n'aimais pas et pourtant je n 'ai pas pu faire autrement que de le lire jusqu'au bout parce que je me suis trouvée emportée malgré moi par l'histoire!
Sinon j'ai trouvé l'histoire trop noire, à la déprime contagieuse, et l'histoire ne m'a pas plue plus que ça. Je comprends que ce soit le genre de livre pour lequel on s'emballe et auquel on reste scotché mais la magie n'a pas pris chez moi (dommage :-/!)
Je suis néanmoins heureuse de l'avoir lu car j'ai lu plusieurs auteurs 'sudistes" mais je ne connaissais pas du tout Pat Conroy.
Sinon j'aime passionnément William Styron dont je conseille tout ;), en particulier Le choix de Sophie et Les confessions de Nat Turner (inspiré par l'histoire vraie d'une révolte d'esclaves). Je t'en cite deux mais à vrai dire je n'ai jamais été déçue par Styron, c'est même un de mes écrivains préférés je crois bien :). Sinon toujours dans le domaine sudiste je viens de terminé La case de l'Oncle Tom de Harriet Beecher Stowe qui est surtout intéressant pour le contexte historique mais se lit avec plaisir et sans difficulté.
Merci, Kroustik. Faulkner, j'ai du mal, mais je note tes autres propositions !
Les francophones peuvent féliciter la traductirce Françoise Cartano, pour son travail dans "le Prince des marées".
Je suis en train de finir ce livre, et je n'arrive pas à croire qu'on puisse à ce point maîtriser deux langues, et transmettre toute une sensibilité.
Je suis allé acheter Saison noire, en demandant au libraire si c'était bien de la même traductrice. Cool.
C'est vrai que le travail de la traductrice est tout à fait remarquable et mérite d'être souligné.
Par contre, je n'ai pas aimé "Saison noire", trop de basket ! ;-)
J'ai lus "Le prince des marées" il y a quelques mois et je crois qu'on peut dire que je ne m'en suis toujours pas remis. J'ai tout de suite enchaîné sur "Beach Music" qui est aussi un très très bon livre mais qui ne vaut pas le Prince des marées. C'est vrai que "Saison soire" est un peu trop porté sur le Basket mais il nous montre tout de même l'histoire de Conroy à son école militaire de Citadel et ses relations avec son père, notament sur le sport. Bien que n'appréciant pas le Basket, le livre se lit très facilement quand même.
C'est vraiment dommage que certains livres de Conroy ne soit pas publié en français. J'adore cet écrivain !!!
Personnellement...je l'ai lu 3 fois...je ne saurais dire pourquoi, mais j'adore ce livre, son style, son atmosphère ses personnages...ce Tom Wingo est tellement attachant, cet être hypersensible qui se cache derrière son masque de gros macho sudiste...
je viens de terminer " saison noire " c'est très bien aussi et je vais attaquer Beach music
quelqu'un a-t-il vu le film avec Nick Nolte et Streisand ??
Par contre, je n'ai pas accroché à "Saison noire", trop de basket ! ;-)
Je n'ai pas vu le film. Il paraît qu'il est bien mais la personne qui m'a dit ça n'avait pas lu le livre donc ...
j'ai téléchargé le film....je vous donnerais mes impressions
et " le grand Santini" comment on fait pour le lire ??
Il faut voir si quelqu'un le propose sur Price Minister par exemple j'imagine ou alors voir à la bibliothèque : on y trouve parfois de vieux trucs ! ;-) J'ai eu l'occasion de l'avoir entre les mains grâce à un prêt mais je n'ai pas du tout accroché donc je l'ai rapidement abandonné :(
Finalement seul "Le prince des marées" a trouvé grâce à mes yeux. Je retenterai peut-être "Beach music" mais à l'époque je l'avais lu dans la foulée du "Prince des marées" et ça lui a porté tort ...
Bon ceci dit, j'ai quand même vu ce film genre dix fois, sans me lasser, mais à chaque fois il m'a donné envie de relire le roman, qui m'a toujours, lui, apporté de grandes émotions incomparables. Comme un "en-cas', disons.
Franchement, l'adaptation est ratée.
Cela dit, je préfèrerais relire le livre ...
Mais, d'une façon générale, je suis allergique aux adaptations, surtout si j'ai adoré le livre ce qui est le cas ici.
heuu....on est autorisé a parler d'autres livres ici ??
si je veux exprimer mon enthousiasme pour un livre, je peux ?
Si le livre n'est pas répertorié, soit il est proche d'un autre livre et tu peux le conseiller dans l'esprit "si vous avez aimé ce livre, vous aimerez sûrement celui-là)", soit il n'a aucun rapport avec quoi que ce soit sur le blog, et là je conseille de déposer ton commentaire en cliquant sur le stylo plume dans le message de bienvenue " Pour laisser un message sans rapport avec un livre, c'est ici" (sous-entendu un livre non critiqué ici).
Enfin, s'il s'agit de la faire la promo d'un livre que tu as écrit (ou qu'a écrit ton petit frère ;-), je préfère que tu me contactes avec le formulaire "contact" en bas de page. Je n'apprécie pas trop l'opportunisme de certains auteurs qui ne viennent que pour faire leur pub. Cela ne m'empêche pas de prêter attention aux mails que l'on m'adresse pour me signaler la sortie d'un livre même si je n'ai pas toujours les moyens de l'acheter.
J'espère que mes explications t'auront éclairées !
Dans le même genre que la trilogie "Dixie" (nb : après "Les étoiles du sud" il y a un 3ème tome intitulé "Dixie", comme la trilogie) - que j'avais adorée - il y a "Autant en emporte le vent" pour ce qui est des thèmes. Sinon, je ne vois pas...
Désolée de ne pas pouvoir voir aider plus que cela ! (si des noms me reviennent, je vous maile).
Découvrant avec plaisir ces commentaires sur Pat Conroy, je ne peux que vous conseiller ( même si je les ai trouvé moins bons que Le Prince des Marées), Beach Music ( qui est également merveilleux), et pour plonger plus avant dans l'univers biographique de ce cher Pat, Saison Noire sur son adolescence dans une académie militaire, partagé entre basketball et écriture.
Un livre sur l\\\'enfant fait homme, moins poétique mais pour les amateurs d\\\'univers américains, je le recommande vivement
Merci pour ton blog
Cela dit, je suis d'accord pour dire que l'univers de Conroy vaut le détour.
Les mots sont d'une justesse et les personnages si réelle et l'histoire boulversante.
je conseille vraiment de lire ce livre et surtout de ne pas de basé sur le film, ceci dit bon jeu d'acteur de Nick Nolte et Barbara Streisand. Tout de même dommage que savannah ne soit pas là, aussi présente que dans le film ou l'on en oublierai presque sa presence
