
Franka, jeune veuve, mère de Jem, a refait sa vie avec Phinus. Ce couple moderne et ouvert va vivre une descente aux enfers lorsque Jem meurt accidentellement dans une discothèque où il s'était rendu avec sa petite amie Sanne. La façon très différente dont chacun réagit va creuser chaque jour entre eux un gouffre fait de défiance et d'incompréhension.
Renate Dorrestein expose l’idée que la vie est sans merci et son écriture est à cette image : précise et froide, cinglante parfois, mais aussi très subtile. Elle pénètre dans les âmes des deux parents avec finesse et justesse, au point que l'on croirait ce couple bien réel.
Le récit est très prenant et on sent sourdre quelque chose de " noir " sans pour autant savoir quoi précisément… comme un orage qui s’annonce sans jamais éclater.
L'auteur ne se laisse pas aller à l'apitoiement. Elle ne pose pas ce couple en victime. Phinus, Franka et tous les personnages de ce livre sont des êtres ordinaires, ni meilleurs, ni pires que les autres et Dorrestein neutralise toute envie du lecteur de juger qui que ce soit. C'est justement ce qui est troublant dans ce roman : le lecteur y retrouve ses propres faiblesses, ses pulsions, etc. On se sent mis à nu.
Belfond / 278 pages
