
Ce recueil de nouvelles contient, dans la version que j’ai eu entre les mains (il semble que selon les éditions la composition change), Amok, Lettre d’une inconnue, La ruelle au clair de lune.
Dans Amok un jeune médecin raconte comment, dans la jungle malaise, sa vie a basculé en quelques instants ; comment une jeune femme jusque-là inconnue a déchaîné en lui l'amour et la folie.
Lettre d'une inconnue est la confession, à la veille de sa mort, d'une femme à un homme qu'elle a aimé toute sa vie et qui ne l'a jamais vraiment " vue ", jamais vraiment regardée.
La ruelle au clair de lune nous entraîne jusqu'au plus profond de l'humiliation où la passion - toujours elle - peut parfois faire tomber l'être humain.
Les recueils de nouvelles me déçoivent à chaque fois ; on y trouve de tout et l’ensemble paraît toujours inégal. Celui-ci n’a pas fait exception à la règle, même s’il s’agit de Zweig (dont le style et l’analyse me bluffent toujours autant). J’ai eu du mal à entrer dans Amok mais une fois la situation devenue critique, j’ai fini par être absorbée par la spirale infernale. C’est la difficulté qui révèle les caractères de chacun. La chute est fameuse. En revanche, Lettre d’une inconnue m’a semblé d’une niaiserie écœurante. J’en ai lu une bonne partie en diagonale. Je n’ai pas réussi à accrocher à l’aspect poignant ; je suis passée à côté de l’intention. Enfin, La ruelle au clair de lune m’a réconciliée avec Zweig. C’est fin, profondément humain dans sa beauté comme dans sa laideur. L’ambiance est prenante, les personnages poignants, les situations sont d’une réalité étonnante. Et surtout, l’auteur ne cherche pas à donner des solutions, des leçons. Il ouvre une porte, montre ce qui se cache derrière et c’est au lecteur de faire le reste du chemin…
Stock / 230 pages
