Jeudi 24 mars 2005

A découvrir d’urgence ! Ce pavé de plus de 500 pages est le plus beau livre que j’ai lu depuis longtemps. Succès en Espagne et en Allemagne, nul doute qu’il touchera de même les lecteurs français, en particulier ceux qui vénèrent les livres. Ce roman foisonnant tient à la fois du roman d’apprentissage, du récit fantastique et de l’enquête. Mais revenons à l’histoire avant que je ne m’emballe !

 

Barcelone, 1945 : Daniel, le narrateur, a 10 ans. Un matin, à l’aube, son père, libraire en livres anciens, l’emmène dans un lieu connu seulement des initiés : le Cimetière des Livres Oubliés. La tradition veut que tout nouveau visiteur y adopte un livre afin de le sauver de l’oubli. Pour Daniel, ce sera L’Ombre du vent de Julian Carax, un parfait inconnu. Cette rencontre va bouleverser sa vie et l’entraîner dans des aventures teintées de mystère. En effet, la vie et l’œuvre de Julian Carax sont peuplées de secrets que Daniel cherchera à dévoiler. Par exemple, pourquoi un individu cherche-t-il à brûler tous les exemplaires des romans de Carax ? Le lecteur y croisera des personnages hauts en couleur, attachants ou inquiétants et suivra le narrateur sur 20 ans au fil des rebondissements. La structure du roman, façon " poupées russes ", rappelle les romans de Paul Auster, l’aspect romanesque en plus. Amateurs d’histoires en miroir où les coïncidences ne sont jamais gratuites et les multiples pistes autant d’histoires dans l’histoire où la réalité et la fiction se mêlent, vous trouverez ici votre plaisir et même plus ! Ce livre donne le sentiment d’être un enfant qui vient de découvrir le pouvoir enchanteur de la lecture. L’univers imaginaire déployé par l’auteur emprunte beaucoup aux classiques du genre : femmes fatales mystérieuses, maisons abandonnées aux histoires tragiques, personnages fantomatiques, sombres individus à l’âme plus noire que la nuit…mais aussi un " clochard " formidable terriblement attachant dont les expressions colorées m’ont beaucoup fait rire. Car, cerise sur le gâteau, le livre n’est pas dénué d’humour. C’est une lecture que l’on vit et qui marque le cœur et l’esprit. Une lecture qui donne envie de découvrir Barcelone, tant l’auteur en fait un lieu mythique.

 

Grasset / 524 pages (trop court…)

Livre de poche / 637 pages

 
 
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