Ce triptyque est composé de :

Chaque jour est un adieu : Il était une fois, au fin fond de la Bretagne, du côté de Pleine-Fougères, une famille de dix enfants. Comme elle était pauvre, catholique et méritante, le maréchal Pétain lui décerna un certificat de reconnaissance au nom de la patrie et elle décrocha le prix Nestlé. Si nul ne songea à lui accorder le gaz, l'eau courante et l'électricité, c'est parce que la vertu suffit au bonheur. (Présentation du magazine Lire)

Un jeune homme est passé : Alain Rémond découvre une volumineuse enveloppe kraft enceinte d'une centaine de lettres écrites par son père aux grands-parents. Le courrier retrouvé est une mine pour le narrateur qui lit et relit les souvenirs d'un jeune soldat de 21 ans, hospitalisé au Maroc, fin 1930. Remis, il revient en France, à Meillac, pour y retrouver le cadavre de son propre père. Le petit-fils est encore sous le coup de cette émotion. Et il ne cesse d'être hanté par la figure paternelle qui a disparu à 53 ans. Voici le livre d'une génération, celle qui chantait Peace and Love sous les bombes du Vietnam qui tombaient aussi dans les salons bien de chez nous.

Comme une chanson dans la nuit : Cette fois Alain Rémond écrit au présent, raconte comment lui, l’ancien rédacteur en chef de Télérama et chroniqueur vedette pendant tant d’années, s’en va pointer au chômage. Mais cette confession est toute lestée de flash-back, éclairs de mémoire, où reviennent l’enfance, l’amour conjugal, l’étrangeté des bifurcations qui semblent n’être qu’un accident dans une vie et qui, finalement, forment cette vie même.
J’ai été très touchée par ces petits livres (le plus épais compte 141 pages) qui, bien que personnels, ont une tonalité universelle. L’auteur a reçu des montagne des courriers de lecteurs reconnaissant leurs parcours dans ses propos, ce qui ne m’étonne guère car moi aussi j’ai cru par moments qu’il parlait de moi ! Cela est dû, à mon avis, au fait que l’auteur évoque les diverses étapes de la vie : enfance et rapports avec les parents, la fratrie, jeunesse et orientation professionnelle, vie d’étudiant, chômage, vie professionnelle. L’écriture est très agréable à lire. On ressent beaucoup de sincérité. Alain Rémond alterne humour et gravité avec facilité. Ces trois petits recueils méritent d’être connus et lus !
Seuil
P.S. : Le titre de l'article est entre guillemets car il n'y a pas de titre "officiel" pour cette série. L'auteur lui-même a écrit le premier livre sans penser qu'il y aurait une suite et il ne donne pas de nom à l'ensemble.
