Jeudi 30 novembre 2006


Dans une ville imaginaire, quatre orphelins vont fuir leur pension d'un genre particulier et reprendre le combat mené par leurs parents 15 ans auparavant contre la dictature. Ils devront pour cela affronter les terribles Hommes-chiens, vivre dans la clandestinité et redonner vie à un réseau de résistants qui a perdu son égérie.

 

Somp-tueux ! Le dernier roman de Mourlevat est tout simplement grandiose. Avec ce livre, nul doute que l'écrivain va élargir son lectorat. Non seulement Le combat d'hiver s'adresse à un public plus âgé que sa cible habituelle mais en plus, ce roman pourrait tout à fait figurer dans le rayon littérature générale si ce n'est que ses héros sont des adolescents.

Voilà un livre qui ne manque pas de souffle, qui s'appuie sur des valeurs fortes telles que le courage et des thèmes éternels comme la liberté et la résistance à la dictature. J'ai beaucoup pensé à V pour Vendetta durant ma lecture. C'est, d'ailleurs, un livre qui ferait un excellent film. J'ai tout aimé, à l'exception du destin réservé à l'un des héros.


L'intrigue est maîtrisée, les personnages à la fois archétypaux et singuliers, le style remarquable et le pays imaginaire diablement crédible. J'ai beaucoup pensé à Prague à cause des ponts, de l'ambiance et des prénoms Milena et Milos. Mourlevat n'a pas inventé un univers compliqué et s'est beaucoup appuyé sur des systèmes déjà décrits mais il a réussi à donner une touche personnelle qui accroche dès les premières pages. Comme on dit : ouvrir le livre, c'est se condamner à le finir d'un seul mouvement !


L'ambiance mystérieuse est présente dès les premières lignes et le lecteur avance en aveugle, tributaire des révélations successives. J'ai adoré les trouvailles de l'auteur qu'il s'agisse des Consoleuses, des Hommes-chevaux ou encore des terrifiants Hommes-chiens. Le roman est un subtil mélange d'intrigue politique, d'atmosphère semie-fantastique et de valeurs humanistes. Ce livre m'a fait revivre la fièvre de lecture dans laquelle m'avait plongée L'enfant-océan : dans les deux cas, j'ai lu le roman d'une traite.

C'est un roman grave où l'humour habituel de l'auteur se fait plus feutré. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps vers la fin et je ne pardonne pas Mourlevat pour le désarroi qu'il m'a fait traverser !

 

Un excellent roman à se procurer et à offrir !

 

A partir de 13 ans

 

Gallimard jeunesse / 320 pages



 

L'avis de Laure

L'avis de Clochette

L'avis de Clarabel

 
 
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