
Le complexe de Caliban de Linda Lê m'a donné envie de me replonger dans cette oeuvre impressionnante. Je n'ai pas le temps de m'y atteler en ce moment alors, en attendant, je vous propose ma critique de première lecture. J'invite surtout ceux qui l'ont lu à donner leurs avis sur ce monument. En parler, le faire connaître, c'est le but de cet article.
Publiés entre 1957 et 1960, ces quatre romans repris en un seul volume constituent une entreprise littéraire qui demeurera, avec celles de Proust et de Joyce, exemplaire et intarissable. Roman d'une ville semi-orientale, mais aussi de notre civilisation où la mutation éthique (excès de maturité ou décadence) est plus importante que toutes les convulsions ésotériques que promeuvent guerres ou révolutions. Constat impitoyable d'une modernité factice où la momification menace. Commentaire intransigeant du Baudelaire de "Là tout n'est qu'ordre et beauté/luxe, calme et volupté".
Ne se recommande qu'à ceux qui peuvent dépasser les cinquante premières pages.
Foisonnant, débordant, délirant parfois...ce livre est un festival d'émotions dont l’écriture poétique et dense accroche dès la première ligne. Difficile à résumer, ce roman est une auberge espagnole, et chacun y voit ce qu’il veut. Le style est ensorcelant : moi qui avait un peu d’appréhension en commençant ce pavé, je me suis retrouvée sous le charme dès les premières lignes. La difficulté du livre réside dans l’absence de linéarité de l’histoire d’une certaine façon. Les destins s’entrecroisent dans un écheveau qui semble inextricable ; peu à peu, cependant, on entrevoit un début de vérité, mot un brin prétentieux en l’occurrence. Le livre est constitué de 4 " sous-livres " : Justine, Balthazar, Mountolive et Clea, du nom de 4 des personnages du roman. Les trois premiers sont des récits parallèles tandis que le dernier les parachèvent tous. Il est important de lire la préface pour bien comprendre les buts poursuivis par Durrell, tout comme la postface éclaire chaque partie. L’accumulation des récits au lieu d’alourdir la trame initiale l’éclairent. Dans les moments de lassitude, se laisser porter par l’écriture merveilleuse de Durrell en attendant la prochaine vague de plaisir ! C’est un livre particulièrement déroutant qu’il vaut mieux abandonner sans état d’âme si on n’accroche pas d’office…
On aime ou on déteste... mais à tester !
Livre de poche – Pochothèque / 1300 pages
Commentaires
Delphine et Douja vous y viendrez
sublime
un conseil :
passez les 50 premieres pages, c'est le prix à payer pour cette merveille (cela n'est pas cher, vous en conviendrez)
Génial Durrell.
