Vendredi 15 juillet 2005

Le complexe de Caliban de Linda Lê m'a donné envie de me replonger dans cette oeuvre impressionnante. Je n'ai pas le temps de m'y atteler en ce moment alors, en attendant, je vous propose ma critique de première lecture. J'invite surtout ceux qui l'ont lu à donner leurs avis sur ce monument. En parler, le faire connaître, c'est le but de cet article.

Publiés entre 1957 et 1960, ces quatre romans repris en un seul volume constituent une entreprise littéraire qui demeurera, avec celles de Proust et de Joyce, exemplaire et intarissable. Roman d'une ville semi-orientale, mais aussi de notre civilisation où la mutation éthique (excès de maturité ou décadence) est plus importante que toutes les convulsions ésotériques que promeuvent guerres ou révolutions. Constat impitoyable d'une modernité factice où la momification menace. Commentaire intransigeant du Baudelaire de "Là tout n'est qu'ordre et beauté/luxe, calme et volupté".

Ne se recommande qu'à ceux qui peuvent dépasser les cinquante premières pages.

Foisonnant, débordant, délirant parfois...ce livre est un festival d'émotions dont l’écriture poétique et dense accroche dès la première ligne. Difficile à résumer, ce roman est une auberge espagnole, et chacun y voit ce qu’il veut. Le style est ensorcelant : moi qui avait un peu d’appréhension en commençant ce pavé, je me suis retrouvée sous le charme dès les premières lignes. La difficulté du livre réside dans l’absence de linéarité de l’histoire d’une certaine façon. Les destins s’entrecroisent dans un écheveau qui semble inextricable ; peu à peu, cependant, on entrevoit un début de vérité, mot un brin prétentieux en l’occurrence. Le livre est constitué de 4 " sous-livres " : Justine, Balthazar, Mountolive et Clea, du nom de 4 des personnages du roman. Les trois premiers sont des récits parallèles tandis que le dernier les parachèvent tous. Il est important de lire la préface pour bien comprendre les buts poursuivis par Durrell, tout comme la postface éclaire chaque partie. L’accumulation des récits au lieu d’alourdir la trame initiale l’éclairent. Dans les moments de lassitude, se laisser porter par l’écriture merveilleuse de Durrell en attendant la prochaine vague de plaisir ! C’est un livre particulièrement déroutant qu’il vaut mieux abandonner sans état d’âme si on n’accroche pas d’office…

On aime ou on déteste... mais à tester !

 

Livre de poche – Pochothèque / 1300 pages

par Barbabella publié dans : Littérature classique
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Commentaires

Désolée, mais je ne suis pas volontaire pour me lancer dans cette lecture.
commentaire n° : 1 posté par : delphine le: 29/07/2005 17:57:33
Oh !la petite joueuse ;)
commentaire n° : 2 posté par : Barbabella (site web) le: 29/07/2005 18:21:57
Comme Delphine, je vais botter en touche. Ce sera pour une autre vie.
commentaire n° : 3 posté par : Douja le: 29/07/2005 21:19:24
Merci pour ce commentaire de cette oeuvre oh combien fascinante... je suis en plein dedans... je viens de finir Balthazar et le mystère alexandrin est encore impénétrable... quel régal
commentaire n° : 4 posté par : Virginie le: 11/11/2005 17:59:18
Merci Virginie ! :) J'espère trouver le temps de relire "Le quatuor" l'année prochaine ; je pense que c'est le genre de livre inépuisable, et donc à relire.
commentaire n° : 5 posté par : Barbabella (site web) le: 11/11/2005 18:11:25
Je découvre ce blog à l'instant,j'aime beaucoup l'idée. Je viens de commencer Cléa et je sais que je relirai ce quatuor car il est si riche qu'on n'a pas fini d'en explorer les recoins...
Delphine et Douja vous y viendrez
commentaire n° : 6 posté par : Céline le: 21/11/2005 20:41:04
Bienvenue Céline ! Et merci pour ce commentaire et l'incitation aux deux peureuses ;-) Effectivement, il est de ces livres que l'on peut relire et relire sans jamais l'épuiser... Il faut vraiment que je relise le Quatuor. En 2006, sans faute !!! 
réponse de : Barbabella (site web) le: 21/11/2005 22:15:23
Je termine Mountolive et commence Clea.  Lecture vertigineuse dévorée en une semaine.  Je suis toutefois parfois agacé par une certaine "luxuriance stylistique" pas toujours justifiée. Mais il s'agit d'une traduction...
commentaire n° : 7 posté par : olivier le: 13/06/2007 22:53:59
le plus merveilleux des romans qu'il m'ait été donné à lire
sublime
un conseil :
passez les 50 premieres pages, c'est le prix à payer pour cette merveille (cela n'est pas cher, vous en conviendrez)
commentaire n° : 8 posté par : bernard soulie le: 05/02/2008 17:16:36
Oui c'est vrai qu'il faut se donner le temps d'apprécier ce roman magistral ! Je compte bien le relire un jour.
réponse de : (site web) le: 20/02/2008 16:25:33
Oeuvre majeure oui, labyrinthique, envoûtante. A signaler aussi la Correspondance avec Miller, la rencontre de deux artistes au sommet. A lire aussi le Carnet Noir roman de jeunesse qui contient déjà toutes les promesses du quatuor.
Génial Durrell.
commentaire n° : 9 posté par : slabbe le: 07/03/2008 22:55:26

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