
Voilà un livre peu banal que j'ai découvert sur le blog d'Allie et dont le titre m'a de suite plu (par contre c'est un livre québécois, difficile à trouver. Je le prête aux membre du club des LCA de Toulouse qui le souhaitent ;-)
En quatre chapitres, l'auteur s'évertue à expliquer la véritable nature de l'hiver et tente de proposer une solution qui permettrait de traverser cette saison plus facilement.
Ce livre m'a permis de mesurer combien l'hiver canadien est au moins aussi horrible que l'image que j'en avais ! :D J'ai beaucoup ri tant l'auteur use de l'ironie. Il ne manque pas d'idées pour rendre l'hiver plus supportable au Canada et, si par malheur je vivais dans un pays à l'hiver si impitoyable, nul doute que je militerais pour l'adoption du mode de vie préconisé par Arcand ! (je ne veux pas faire partie des 30 décés hivernaux annuels !!).
C'est un livre sympa et pas inintéressant d'un point de vue culturel.
(et je milite aussi pour abolir l'hiver au mois d'août à Paris quand je suis en vacances là-bas ! :p)
Boréal / 109 pages
Extraits :
« ...la déprime ... se transforme en véritable dépression hivernale, depuis peu reconnue très officiellement par la médecine moderne. Les anglophones lui ont donné le beau titre de SAD pour Seasonal Affective Disorder ; ce qui pourrait être traduit en fançais par TRISTESSE pour « Très Réel et Insupportable Sentiment de Torpeur de d'Ennui Saisonnier Sans Espoir ».
« Quand ils parlent avec des étrangers, les gens de ce pays en sont rendus à excuser leur hiver. Ils arrivent à prétendre que leur pays est beau... malgré ses hivers. Ils affirment que la saison, après tout, n'est quand même pas si longue et que les mauvaises langues ont tendance à exagérer.... Tous les arguments sont bons pour excuser l'hiver, ce qui prouve bien qu'il est devenu une tare nationale, un embarras collectif. »
« Là où tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et engelures. »
« Malgré leurs très évidentes bonnes intentions, ces défenseurs de l'hiver reprennent des arguments connus et sont tous victimes d'une erreur banale mais fondamentale. Leur hiver, cette saison qui les charme et dont ils font la promotion, est un hiver de carte postale, un hiver de loisirs, de temps libres. [...] Tout indique que ces promoteurs n'ont jamais compris qu'en hiver il n'y a de lumière qu'entre 9 et 16 heures et qu'il est assez difficile de faire de la raquette dans les bois quand on travaille... [...] Pour tous ceux qui doivent se rendre ponctuellement au travail chaque matin, l'hiver demeure forcément un obstacle déplaisant... »
« Dans ce pays-congélateur où le froid est pourtant gratuit, il faut désormais dépenser argent et énergie pour arriver à fabriquer de la glace parce que nous préférons patiner à l'intérieur. »
« ... l'hiver est dur, cruel, méchant, cher et menaçant parce que nous faisons semblant qu'il n'existe plus.[...] [C'est] une forme d'aliénation collective qui nous éloigne de notre environnement. Tout naturellement, nous joignons l'ensemble de l'Occident chrétien pour entonner en coeur « I'm dreaming of a white Christmas » alors que la chanson n'a ici aucun sens. En ce pays, Noël peut être tenu pour acquis, c'est davantage l'arrivée du printemps qui est incertaine et qui fait rêver. »
