Jeudi 2 mars 2006

Voici quelques titres de livres que j'ai adoré, relus pour la plupart, dont j'ai recopié des passages entiers, inlassablement, bref des bouquins que j'offre et recommande sans retenue !

 

Moon palace - Paul Auster

Le livre de saphir - Gilbert Sinoué

L'éternité n'est pas de trop - François Cheng

Le liseur - Bernard Schlink

La table des enfants - Isabelle Hausser 

Le testament français - Andreï Makine

Sans merci - Renate Dorrestein

Le prince des marées - Pat Conroy

Effacement - Percival Everett

Lambeaux - Charles Juliet

L'ombre du vent - Carlos Ruiz Zafon

Bruits du coeur - Jens Christian Grondahl

Chimères - Nuala O'Faolain

Clara et la pénombre - José Carlos Somoza

L'autre faim (Journal V) - Charles Juliet

 

Dimanche 1 janvier 2006


Une authentique et délicieuse correspondance échangée pendant vingt ans (de 1949 à 1969) entre Helene Hanff, scénariste new-yorkaise passionnée de livres et les employés de la librairie Mark & Co., 84, Charing Cross Road à Londres, spécialisée dans les titres épuisés. Une véritable et extraordinaire amitié par correspondance s'installe entre les protagonistes.



Une correspondance savoureuse, touchante et drôle! Helene Hanff est un sacré personnage : pleine de vivacité, un esprit de répartie incroyable, généreuse et extravagante... qui donne beaucoup d'elle-même dans ses lettres. Se dévore en une heure ; ne s'oublie pas...

 

Livre de poche / 156 pages


Mercredi 21 septembre 2005

 Lettres à un jeune poète – Rainer Maria Rilke

Une lecture essentielle, qu’il vaut mieux effectuer à l’adolescence car les propos de Rilke sont au cœur de ce que l’on porte en soi à ce moment-là. Cependant, à tout âge, cela reste un chef d’œuvre, un must read. Un livre qui parle de vocation et de persévérance ; deux notions qui semblent aujourd’hui oubliées ou presque dans le milieu littéraire. Mille et une nuits

 

Les neiges bleues – Piotr Bednarski

 

Au cœur du système répressif soviétique des années 40, dans l'antichambre du Goulag, un petit garçon de huit ans tente, malgré les épreuves, de garder l'allégresse naturelle à l'enfance. Ce recueil de nouvelles directement inspirées de l’enfance de l’auteur est à lire ! Des tranches de vies très émouvantes, fascinantes et vraiment pas ordinaires. L'auteur décrit un univers tout à fait étranger : la duplicité nécessaire pour survivre s'accommode d'un regard d'enfant sur la vie. Comme partout les enfants jouent mais ils vivent aussi la faim, les poux et surtout les "disparitions" (envoi au goulag, arrestations, fusillades,...). Bednarski, à travers les yeux de Petia – l’enfant qu’il fut- décrit tout cela avec une sorte de détachement qui dans un effet inverse touche profondément le lecteur. Ed. Autrement

 

 Laissez-moi – Marcelle Sauvageot

Une jeune femme malade, dans le train qui la conduit au sanatorium dont elle ne reviendra peut-être pas, lit la lettre de rupture que vient de lui remettre son amant - et lui répond au nom de cette Vie qu'elle risque de n'avoir plus longtemps à vivre, mais qu'elle persiste à vouloir exempte de toute tiédeur, de tout compromis. L’auteur évoque sa vision de l’amour : absolu et donc sans compromissions. Elle rejette le simulacre d’amitié que lui propose son ancien amant. Elle se moque de sa petitesse, de son étroitesse avec beaucoup d’ironie mais on sent bien qu’elle a été blessée. Ce qui fait la force de ce livre, c’est que l’auteur écrivait pour elle. Sa prose est donc bien éloignée des livres nombrilistes ou l’auteur cherche à " faire beau ", à parler de lui en posant. Ce qui transparaît de ce texte, c’est la force morale de l’auteur. Sa vision de l’amour absolu peut sembler déraisonnable. Et pourtant, n’est-ce pas une merveilleuse leçon ? Phébus

 

 L’inespérée – Christian Bobin

Recueil de onze textes qui disent la beauté du monde, l'amour, la pauvreté mais aussi le mépris de l'intellectualisme à la mode. La phrase qui m’a convaincue d’ouvrir ce livre : " C’est toujours l’amour en nous qui est blessé, c’est toujours de l’amour dont nous souffrons même quand nous ne croyons souffrir de rien. " Que dire qui ne banalise pas ce recueil ? C’est l’union de la forme et du fond. Un style d’une beauté tranquille, d’une simplicité qui tend à la pureté touche le lecteur dès le premier texte. Mais Bobin ne se contente pas d’exercices de style ; chaque phrase est profonde, essentielle. Le texte " Le mal " est d’une force, d’une vérité à couper le souffle. Qu’ils soient des chants à l’amour, à la beauté, ou des chants de révolte, tous ces textes en prose sont en vérité des poèmes. Folio

 

 Et si l’homme devait mourir … - Jean Marie Fonrouge

Paroles d’un médecin réanimateur

C’est un livre sur des situations très concrètes, sur des sujets qui nous concernent tous : la vie, la mort. En même temps, c’est un livre à portée philosophique : l’auteur part de situations qu’il a vécues dans son métier mais il les dépasse, prend du recul et se pose des questions sur le sens des actes des médecins urgentistes ; la vie vaut-elle toujours mieux que la mort ? Comment l’homme peut-il assumer des choix qui le dépasse ?… Il ne s’agit donc pas d’une suite d’anecdotes mais bien d’un livre qui veut faire réfléchir.

Mais le plus important, ce qui fait que ce livre est à lire, c’est l’humanité du Docteur Fonrouge. C’est un des livres le plus gorgé d’humanisme que j’ai lu à ce jour ; car l’auteur ne parle pas simplement de vie, de mort, de réanimation,… mais il parle surtout de respect, de dialogue et de compassion. Ed. Autrement - JM Fonrouge est décédé l’an dernier. J’espère que son second livre de témoignage sera publié un jour.

 

 De beaux lendemains – Russel Banks

Ce roman magnifique est construit autour d’un drame : l’accident d’un bus de ramassage scolaire qui causera la mort de plusieurs enfants et la perte de ses jambes à une adolescente. Dans ce trou perdu du nord de l’Etat de New York, c’est toute une communauté qui est touchée, beaucoup de familles ayant perdu un ou plusieurs enfants. L’auteur nous fait vivre cette histoire par le biais de 4 personnages : Dolorès, la conductrice du bus depuis 20 ans, d’autant plus choquée par la tragédie que se pose la question de sa responsabilité ; Billy, le père de deux enfants tués dans l’accident ; Stephens, l’avocat new-yorkais ; Nicole, adolescente lumineuse et appréciée de tous, qui verra sa vie bouleversée par la perte de sa motricité. L’auteur traite de la question de notre rapport à la mort et à nos morts, mais aussi de la famille et de la place des enfants en son sein. Bien sûr, il y est aussi question de responsabilité et de culpabilité, le tout arrangé de façon subtile. Les personnages sont crédibles et rendent l’histoire d’autant plus intéressante que l’on ne peut s’empêcher de se demander : qu’aurai-je fait dans cette situation ? Babel

Jeudi 24 mars 2005

Le parcours initiatique de Marco Stanley Fogg, entre quête d’identité, errance et destin. De New York l'inhospitalière aux plaines de l'Ouest mythique, Fogg entreprend une étrange exploration qui le mène sur la voie d'une quête intérieure, puis sur les traces d'un passé qu'il croyait définitivement enterré.

 

Une grande partie des citations tirées des œuvres de Paul Auster proviennent de ce roman. On comprend pourquoi à sa lecture, tant il est riche et profond mais aussi empreint d’une grande sensibilité (tout comme son dernier roman La nuit de l’oracle). M.S. Fogg est un anti-héros qui laisse le hasard gouverner sa vie, avec les dangers et les bonnes surprises qui découlent d’une telle attitude. Bizarrement, j’ai eu le sentiment que parfois on s’identifie justement très bien à lui, bien qu’a priori cela ne soit pas très tentant. Auster alterne très bien les séquences où Fogg " part en roue libre " et celles où il juge les choses et lui-même avec une grande lucidité.

 

A mon sens, Moon palace est plus qu’un roman d’apprentissage. Il est, en effet, truffé de petits bijoux qui touchent plus ou moins le lecteur selon son vécu mais qui ne peuvent laisser de marbre. D’où l’intérêt de le relire aux divers âges de la vie. Je me suis rendue compte récemment que beaucoup de phrases me parlaient beaucoup plus à 30 ans qu’à 17. De même, autant l’épisode décrivant la chute du héros, sa " clochardisation " m’avait paru un peu barbant la première fois, autant cette fois j’en ai apprécié la moindre phrase, la moindre idée. Comparativement, le dernier tiers qui m’avait tant plu (je gardais un souvenir de la fin absolument mythique !), m’a semblé plus conventionnel, du moins pour du Auster. Enfin, je me suis aperçue que la fin n’était pas du tout celle dont je me souvenais (je n’en reviens toujours pas).

 

En résumé, un roman à recommander définitivement, à lire à tout âge. Un des romans qu’il faut avoir lu dans sa vie, sous peine de passer à côté d’un must !

 

Livre de poche / 316 pages

 

 

 
 
renouvellement nom de domaine sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus