
Voilà un livre que j'aurais beaucoup aimé lire à l'adolescence quand on se cherche, que l'on se pose les « vraies » questions, celles qui disparaissent souvent par la suite parce que la vie, où ce que l'on croit être cela, nous happe. Bien souvent, on se contente de suivre un chemin, on essaie parfois de s'en écarter mais revient-on vraiment aux choses essentielles sans y être poussé par la nécessité ?
J'ai été touchée par ce livre parce que je me suis toujours intéressée à la spiritualité. Je ne suis pas une cartésienne, juste une pragmatique...
Quand on pense à la mode des livres de « prêt-à-penser », la lecture de Siddhartha est une bouffée d'oxygène. En effet, notre héros refuse dès sa jeunesse les maîtres et les doctrines et décide de chercher sa voie par lui-même. Cela implique un certain inconfort que ne connaisse pas ceux qui ont choisi une doctrine. Son cheminement, plein de détours, va le construire. Et s'il y a bien une chose à retenir de ce livre, il me semble que c'est que chacun porte en lui son destin mais qu'il ne peut le trouver que lui-même.
Lire ce livre passés 18 ans n'implique pas pour autant que l'on n'y trouvera rien d'intéressant, au contraire. Avoir un peu vécu nous rend ce roman plus « parlant » parce que l'on aura expérimenté certaines situations et que l'on aura un peu de recul sur ce cheminement qu'est la vie... tout en ayant encore beaucoup de choses à apprendre et c'est ce que nous rappelle ce livre !
Livre de poche / 158 pages
H : challenge ABC 2007

Comment à force de bluff, de supposés miracles et de faux certificats délivrés par des médecins complaisants on parvient à fabriquer une ville d'eaux et à lotir au plus haut prix un paysage entier en exploitant la crédulité des uns et en s'appuyant sur la malhonnêteté des autres.
Avec ce roman, Maupassant s'inscrit dans la modernité. Mont-Oriol n'a pas pris une ride parce qu'il démonte des mécanismes, alors nouveaux à l'époque, qui sont toujours d'actualité, ceux du monde des affaires. L'intrigue est diablement bien menée, les personnages toujours aussi bien réussis. C'est un vrai bon Maupassant que j'ai relu avec presque autant de plaisir que la première fois. Le finale est diabolique et, pour une fois, l'auteur semble reconnaître qu'une « faible » femme peut s'avérer redoutable... A méditer, messieurs ;-)
Folio / 378 pages

Le grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s'amoncellent, éblouissants, délicats. Tout ce qu'une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d'enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace.
C'était une relecture, le seul Zola dont j'ai pu dépasser les cinq premières pages. Je n'ai pas été déçue par cette nouvelle confrontation, même si avec l'expérience, je ne l'ai pas lu comme la première fois. Zola décrit avec beaucoup de modernité les techniques des magasins et des publicitaires pour nous plonger dans une frénésie de consommation : on se sent honteux de se laisser manipuler si facilement. Néanmoins, sa façon de considérer les femmes comme des êtres frivoles et décervelés tandis que les hommes font des affaires sérieuses a profondément choqué la femme du XXIème siècle que je suis ;-) De même que son héroïne est une jeune femme effacée, humble, etc, comme si c'était un modèle de femme idéale, qui d'ailleurs arrive à ses fins, l'air de rien ! Peut-être suis-je trop sévère et vois-je le mal partout. Il est vrai que je lis rarement des classiques et, par conséquent, je suis toujours choquée par le décalage de mentalité avec aujourd'hui. J'ai toujours un peu de mal à faire preuve d'indulgence...
Pour le reste, cela est véritablement un roman visionnaire, qui va au fond des choses dans sa description de la machine commerciale. C'est extrêmement prenant, à la fois froid et passionné, et les pages s'envolent entre les doigts fébriles du lecteur qui veut savoir comment tout cela finit (même quand on le sait déjà, c'est dire !). J'avais déjà envie de le re-relire la dernière page tournée !
Diverses éditions / environ 550 pages

Une vieille comtesse aurait un pouvoir, celui de connaître les cartes permettant de gagner au jeu. Hermann, fils d'un Allemand naturalisé russe, vit de sa solde. Il est attiré par le jeu mais n'ose "sacrifier le nécessaire à l'espoir d'acquérir le superflu". Entendant parler de la comtesse, il se met à rêver d'un gain assuré...
J’avais lu ce livre il y a longtemps et, la seule chose qui m’en restait, était un souvenir de lecture percutant et extra. Désireuse de me remémorer un peu plus d’éléments à l’égard de ce bouquin, je viens de le relire et, effectivement, c’est un petit bijou. Il y a d’une part cette atmosphère russe que j’aime beaucoup. Il faut également compter avec le style élégant de Pouchkine. Et puis, il y a une histoire peu commune. Une fois le décor posé et le suspense aménagé, le rythme s’accélère et, bien que tout indique une proche catastrophe, la fin est très réussie, à la fois brutale et pleine de malice. Bien que peu (voire pas du tout) amatrice de littérature fantastique, je suis définitivement conquise par ce classique percutant.
Diverses éditions (dont Librio) / 60 pages
